Le 12 février dernier, à Lyon en France, un militant d’extrême droite a été battu à mort lors d’une bagarre avec des antifascistes. Rien ne peut justifier la mort d’une personne ; pour autant, et alors même que la vérité judiciaire est loin encore d’être établie, l’emballement médiatique et la récupération politique qui ont suivi ce drame constituent un point de bascule. Inversion des valeurs et responsabilités, banalisation de la violence d’extrême droite, désignation d’un ennemi intérieur, appels à la démission d’un député de La France insoumise (LFI) : une grande partie de la classe politique et médiatique française tente d’imposer ce discours dans l’espace public et désigner la gauche radicale et les antifascistes comme les supposées « vraies » menaces pour la démocratie. L’extrême droite cherche à dicter sa lecture des événements, pratique au moment où d’importantes élections (municipales et présidentielle) approchent en France.
La mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, liée à des échauffourées entre néonazis et antifascistes, est un drame. C’est un drame pour la famille de ce militant ; mais c’est aussi un drame de voir comme cette mort a été immédiatement attribuée par nombre de commentateurs aux seuls antifascistes. C’est un drame car il y a une différence de nature et de degré entre la violence d’extrême droite, structurelle, originelle et organique et celle de la résistance à l’extrême droite qui est réactive et conjoncturelle.
Que s’est-il passé le 12 février ? Que s’est-il passé pour que l’émotion submerge à ce point la rationalité des faits au point d’assister à une telle inversion des responsabilités et des valeurs ? Car en effet, il est établi que les violences politiques en France sont à plus de 90 % dues à l’extrême droite. De 1986 à 2021, plus de 53 morts lui sont imputées et, depuis 2022, sept morts lui sont reprochées ainsi qu’un nombre incalculable de ratonnades et d’agressions racistes, homophobes ou autres.
1. Une lecture des faits confisquée
S’il s’avère que le décès de Quentin Deranque puisse être attribué à des antifascistes, il serait la première victime de l’extrême gauche en France depuis les attentats d’Action directe dans les années 1980. Le déséquilibre est déjà frappant mais là où l’instrumentalisation se met en place, c’est lorsque ces violences sont présentées comme équivalentes et les valeurs inversées.
Comme le dit la revue de gauche Politis, « le drame devient politique lorsque sa lecture est confisquée, instrumentalisée, puis retournée contre celles et ceux qui combattent le fascisme depuis toujours. »
À l’heure d’écrire ces lignes, les circonstances de la mort de Quentin Deranque restent à établir précisément. Chaque jour apporte son lot de révélations. Une certitude se dégage : le drame est d’ores et déjà instrumentalisé par la sphère médiatico-politique qui y voit une opportunité exceptionnelle d’en découdre avec La France insoumise (LFI), dont la Jeune Garde a été membre jusqu’à sa dissolution. Pour mémoire, LFI, mouvement politique dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est une force d’opposition de gauche majeure, en résistance ouverte au macronisme.
2. Petite chronologie des faits
Lyon est régulièrement le lieu d’affrontements entre organisations néonazies et forces antifascistes organisées comme la Jeune Garde, créée à Lyon en 2018 mais dissoute en juin 2025 par le très droitier ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (dissolution contre laquelle LFI a d’ailleurs déposé un recours au Conseil d’État).
Le 10 février, dans une circulaire en vue des prochaines élections municipales du mois prochain, l’actuel ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez classe opportunément la France insoumise à l’extrême gauche du nuancier politique. Le fait mérite d’être signalé car moins de deux jours plus tard, LFI sera accusée d’avoir moralement armé les antifascistes « d’ultra-gauche » de la Jeune Garde…
Le 11 février, LFI fustige le report sine die par le Conseil d’État du recours introduit contre la dissolution de la Jeune Garde. Le fait mérite également d’être signalé car LFI l’interprète comme une volonté de « criminaliser les voix antifascistes ».
Le 12 février, en marge d’une conférence donnée notamment par l’eurodéputée LFI Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon (IEP), le collectif Némésis, une organisation fémonationaliste, s’apprête à perturber la conférence, comme elle l’a déjà fait lors des meetings LFI de Toulouse, Roubaix ou Paris.
Vers 17h50, plusieurs personnes n’ayant pu rentrer à la conférence car ne s’y étant pas inscrites, refluent vers le centre-ville. Elles sont prises à partie par un groupe de néonazis au sein duquel se trouve Quentin Deranque. Dans l’affrontement, les antifascistes semblent prendre le dessus et Quentin Deranque se retrouve isolé de son groupe qui quitte les lieux. C’est là que les images le montrent frappé au sol par plusieurs personnes, recevant notamment des coups de pied à la tête.
Après le départ de ses agresseurs, et avec l’aide d’un ami, Quentin Deranque se relève mais refuse de recevoir des soins et décide de rentrer chez lui. Sur le trajet de retour, son état se dégrade et cet ami appelle les sapeurs-pompiers qui l’emmènent à l’hôpital. Mais les lésions sont irréversibles et le militant identitaire meurt à l’hôpital deux jours plus tard, le 14 février.
Le 18 février, onze personnes, huit hommes et trois femmes, sont interpellées et placées en garde à vue. Parmi eux figurent deux attachés parlementaires du député LFI Raphaël Arnault, par ailleurs fondateur de la Jeune Garde : Jacques-Élie Favrot et Robin Chalendard, également anciens membres de la Jeune Garde.
Le 19 février, le ministère public requiert la mise en examen et la détention provisoire de sept des interpellés, six pour « homicide volontaire » et Jacques-Élie Favrot pour « complicité d’homicide volontaire par instigation ». Selon le procureur de la République de Lyon, ces sept personnes contestent l’intention homicide et deux d’entre elles ont refusé de s’exprimer en garde à vue.
3. L’extrême droite dicte son agenda
Pour le site web français d’analyse et de critique des médias Arrêt sur images, l’événement et sa réception dans les médias français offrent « un emballement médiatique inédit » car malgré le fait que les premières nouvelles du journal Le Monde invitent à la prudence, les médias télévisés comme CNews, première chaîne d’info de France, ou BFM participent à lancer cet emballement sans prendre en compte la procédure ou les éléments disponibles. Dès le 12 février, CNews ne s’encombre pas du conditionnel qu’exigerait le traitement de l’actualité et parle de « lynchage gratuit », d’une « mise à mort », ou encore d’un « crime politique ». Dimanche matin, après l’annonce de la mort de Quentin Deranque, l’éditorialiste de CNews, Eliot Duval, profère avec horreur : « ce matin, Quentin est mort. Mort parce que Français et patriote, mort pour ses idées, mort parce que nazifié par ses bourreaux ».
Comme le dit Arrêt sur Images, « la nouvelle de la mort survenue dimanche n’a fait qu’accentuer les outrances des réactions politico-médiatiques. D’un récit euphémisant et souvent dépolitisé concernant le profil du jeune militant d’extrême droite, à une instrumentalisation massive visant à disqualifier et diaboliser la France insoumise. »
Pourtant, la scène de la confrontation a été filmée en hauteur par un témoin dans un immeuble. Plusieurs médias, dont Le Canard enchaîné et le média de gauche Contre Attaque parviennent à mettre la main sur ces images. Elles démontrent clairement que, contrairement aux allégations de Némésis qui prétend être tombé dans un guet-apens des antifascistes, c’est le groupe de Quentin Deranque qui se tenait en embuscade. Le 17 février, une nouvelle vidéo, ainsi que le témoignage d’un journaliste du Progrès ayant assisté à la scène, finit de montrer les mensonges d’Alice Cordier, fondatrice du groupe Némésis, qui prétendait que Quentin Deranque était l’innocente victime d’une soudaine attaque perpétrée par un groupe de « 30 hommes cagoulés et armés ». L’ensemble de ces mensonges a été relevé par le média indépendant en ligne Blast.
Mieux, le 22 février, le journal L’Humanité, lié au Parti communiste français, met la main sur des propos tenus dans une boucle Telegram par le groupe Némésis. Il dévoile ainsi comment les fémonationalistes, carrefour de l’extrême droite, planifiaient calmement de véritables traquenards visant à attirer les militants antifascistes dans des guet-apens. Le 24 février, lors de la séance de questions au gouvernement, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est interpellé à ce propos par Ugo Bernalicis, qui demande, au nom de LFI, la dissolution du groupe Némésis, sans résultat à ce jour.
4. Brutalisation ou banalisation ?
Que faut-il retenir de ce traitement médiatique hors norme ? Tout d’abord, l’instrumentalisation de ce qui n’aurait pu être qu’un fait divers parmi d’autres en un événement politique majeur. Le déferlement médiatique a immédiatement tiré d’hâtives conclusions sans même évaluer le contexte du drame. En surfant sur une émotion qu’il entretient, l’emballement médiatique a immédiatement porté un discours politiquement marqué. Un cadrage hégémonique s’est imposé, à force de répétition, sur des liens entre les faits décrits – qui s’avèreront basés sur des mensonges – et un parti politique : la France insoumise. En présentant la soi-disant brutalisation du débat politique par Jean-Luc Mélenchon comme une évidence journalistique, un rouleau compresseur s’est mis en marche pour disqualifier, voire criminaliser l’antifascisme en général, et LFI en particulier. Acrimed, l’observatoire des médias, a particulièrement bien situé ce matraquage médiatique : « Il s’agit désormais de faire porter à La France insoumise la responsabilité non plus seulement d’un « discours violent », mais celle d’un homicide : « Aux soupçons d’antisémitisme, à la récente classification à l’extrême gauche, à la litanie des outrances verbales, s’ajoute désormais un mort. Celui de trop ? » (L’Opinion, 17/02). LFI est un « danger public » en couverture de L’Express, en « extrême dérive » sur celle du Parisien ; Mélenchon est un « poison » à la Une de La Tribune dimanche et a « du sang sur les mains » dans Charlie Hebdo. »
Dans ce bain de boue, l’extrême droite est dans son élément et, en dictant l’agenda politico-médiatique, y trouve une dangereuse normalisation. Dans un article récent paru dans L’Avenir, les politologues belges, spécialistes de l’extrême droite, Benjamin Briard et François Debras, observent que cette normalisation relève moins d’un effacement de l’extrémisme que d’un processus de banalisation. « L’objectif n’est plus d’apparaître comme une force en rupture avec le système, mais comme un acteur légitime du jeu, voire comme un rempart face au désordre. Le cas particulier est alors généralisé et présenté comme le symptôme d’un danger systémique. » La banalisation de l’extrême droite apparaît alors dans la reprise systématique de leurs thèses comme uniques réponses à la crise provoquée par le drame du 12 février. Finalement, ce qui se joue dépasse, et de loin, la contradiction des faits, comme l’analyse François Debras : « La bataille qui se joue n’est donc pas uniquement judiciaire ou factuelle. Elle est avant tout symbolique. Elle porte sur la définition de la menace, sur la hiérarchie des violences et sur la capacité à apparaître comme le défenseur légitime de l’ordre démocratique. »
Ce glissement contribue à désigner des responsables, quitte à tordre le cou avec les faits et ainsi amplifier une asymétrie propice à l’inversion des responsabilités.
5. Asymétrie et inversion des valeurs
Élodie Safaris, auteure de cette étude d’Arrêt sur images, pose la bonne question : « Alors que l’affaire envahit les unes des médias et que la charge anti-LFI se généralise, qui prend la peine de questionner la hiérarchie de l’information ? Qui pour questionner l’asymétrie de la couverture médiatique en comparaison avec d’autres faits divers pas moins dramatiques ? ».
Une asymétrie que s’est empressée de renforcer le monde politique. À l’initiative d’Éric Ciotti, président de l’Union des droites républicaines qui prône le rapprochement avec le Rassemblement national, une minute de silence en hommage à Quentin Deranque a été acceptée par la présidente de l’Assemblée nationale le mardi 17 février, avant même que la vérité judiciaire ait pu être établie. Pourtant, il y a quelques mois, la même Yaël Braun-Pivet n’avait-elle pas refusé d’en accorder une pour Aboubakar Cissé, jeune musulman de 22 ans poignardé de 57 coups de couteau alors qu’il priait dans une mosquée du Gard ? Elle avait alors invoqué que l’hémicycle n’honorait plus « les cas individuels ». Face au tollé, elle avait dû faire marche arrière.
Dès le 15 février, le ministre de la Justice Gérald Darmanin insinue la complaisance de LFI pour la violence politique dont « les discours mènent malheureusement (…) à une violence extrême, sur les réseaux sociaux et dans le monde physique». Malgré la condamnation du drame par Jean-Luc Mélenchon, lors de son Moment politique du 17 février, rien n’y fait.
Le 18 février, c’est la porte-parole du gouvernement, la macroniste Maud Bregeon qui appelle, sans rire, « à ce qu’il n’y ait plus jamais un député LFI au sein de l’Assemblée nationale »…
Emmanuel Macron enchérit le 19 février en appelant LFI à « faire le ménage dans ses rangs ». Il vise ainsi Raphael Arnault, fondateur historique de la Jeune Garde et député LFI, pourtant non présent à Lyon le soir de l’affrontement fatal.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu n’est pas en reste et le 17 février, à l’Assemblée nationale, il qualifie les paroles de la députée LFI Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire de La France insoumise, « d’ignobles et d’abjectes » après que celle-ci ait dénoncé l’asymétrie des condamnations du gouvernement. « Nous ne vous avons pas entendu sur l’assassinat du rugbyman Federico Aramburu (deux militants d’ultradroite sont soupçonnés de l’avoir tué par balles en mars 2022, NDLR) ni sur les 12 personnes tuées par l’extrême droite depuis 2022 » avait accusé Mathilde Panot en évoquant également la responsabilité politique du gouvernement dans le maintien de l’ordre au moment des faits à Lyon.
Bien sûr, dénoncer ce deux poids deux mesures n’efface en rien le drame qui s’est joué dans le 7ème arrondissement de Lyon. Mais cette asymétrie met en lumière comment l’agenda politico-médiatique est désormais imposé en France par l’extrême droite. Cyril Lacarrière, journaliste de France Inter, l’a bien vu : « C’est le tour de force de ces médias ces derniers jours : ils ont divisé le pays en deux, et c’est CNews qui a fixé la ligne de fracture ». Le 18 février, après plusieurs permanences locales vandalisées, c’est le siège national de LFI à Paris qui est évacué suite à une alerte à la bombe… Comme le dit Arrêt sur image : « À un mois des municipales et un an de la présidentielle, c’est un naufrage collectif. »
6. La bride est lâchée !
On le voit, la bride est lâchée ! Depuis qu’Emmanuel Macron a refusé de reconnaître la victoire du Nouveau Front populaire, une alliance politique entre LFI, le PS, le PCF et les Ecologistes, aux législatives de l’été 2024, le président de la République n’a pas cessé de donner des gages à l’extrême droite et de tenter d’exclure la France insoumise du champ d’un prétendu « arc républicain » et donc de la légitimité démocratique.
À n’en pas douter, la trumpisation de la politique (caractérisée notamment par la brutalisation du débat, la remise en cause de l’État de droit et l’antiétatisme) est devenue une réalité en France. On ne s’étonne plus de voir convoqués les mêmes arguments qui avaient servi au président américain Donald Trump à qualifier la gauche comme seule responsable de l’assassinat de l’influenceur d’extrême droite Charlie Kirk. Aux États-Unis, les antifas sont désormais qualifiés de terroristes.
Depuis lors, nous assistons à une inversion des valeurs qui s’étend dans le débat public. Prétendre que la gauche radicale serait l’équivalent symétrique de l’extrême droite ou, comme l’écrit Pierre Jacquemain dans Politis, « mettre sur le même plan un mouvement humaniste, traversé de conflits mais fondé sur l’égalité, et une idéologie totalitaire, raciste et mortifère est une falsification qui prépare les victoires de demain ».
Le paradoxe est glaçant : « on condamne l’humanisme comme une faiblesse, tandis que l’extrême droite, son histoire et ses obsessions identitaires, se voit offrir un brevet de respectabilité sous le vernis policé du Rassemblement national. La banalisation est en marche. Elle est peut-être le danger le plus profond, parce qu’elle anesthésie la vigilance collective. » Pas mieux !
7. Tenir la ligne
Dans une tribune parue dans L’Humanité ce vendredi 20 février, 180 intellectuels de premier plan, appellent au sursaut contre l’instrumentalisation de la mort de Quentin Deranque par l’extrême droite, la droite, le gouvernement et les médias dominants. Ils y dénoncent le récit univoque qu’a réussi à imposer l’extrême droite « en établissant un continuum sans nuance entre les responsables du décès de Quentin Deranque, l’ensemble des militants antifascistes et la France insoumise ».
« Laisser ainsi le camp suprémaciste dicter sa lecture des événements est irresponsable. C’est faire le lit de l’extrême droite et aider à une manœuvre qui vise, pour la première fois depuis la Libération, à inverser les rôles entre fascistes et antifascistes. » L’urgence est de faire bloc. Il faut resserrer les rangs et tenir la ligne comme disent les antifascistes !
Le samedi 21 février, à Lyon, le ministre de l’Intérieur a autorisé une manifestation de groupes d’extrême droite et néonazis voulant rendre un hommage à Quentin Deranque. Se rendait-il compte de la date du triste anniversaire de l’exécution des résistants du groupe Manouchian et du meurtre d’Ibrahim Ali par des colleurs d’affiches du Front national ? Comme on pouvait le craindre, la parade a été émaillée de saluts nazis et d’insultes racistes et homophobes. Au point que deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Lyon. La propre famille de Quentin Deranque, ni initiatrice de la marche ni présente à celle-ci, a condamné ces débordements racistes et fustigé « la récupération politique de cette marche effectuée sans la moindre pudeur ».
Cette manifestation autorisée de nazis défilant franchement dans les rues de Lyon marque un franchissement de seuil. La prise de conscience de la possibilité bien réelle de revoir le fascisme diriger la France semble cristalliser un dégoût populaire tout autant qu’un sursaut politique.
« Les digues cèdent face à la montée des idées fascistes dans l’indifférence générale », dénonce le 24 février le Syndicat de la magistrature qui s’inquiète de l’effacement croissant des garants de la démocratie.
Le même jour, Frédéric Lordon et quelques autres philosophes enjoignent la gauche à ne pas se laisser faire. Dans le texte Riposter paru dans Politis, ils rappellent que : « la gauche existe. Elle ne se laissera pas annuler. Mais la condition pour ce faire est de sortir les gens de leur déréliction et de leur impuissance, où les plonge de vivre isolément des choses terribles. Vous devez manifester le collectif, et que nous sommes le collectif. »
Ils sont suivis le lendemain 25 février par une tribune collective où se côtoient les noms de Ugo Palheta, Isabelle Stengers, Franck Gaudichaud, Bernard Friot ou encore Guillaume Meurice qui tous réaffirment la nécessité de l’antifascisme aujourd’hui. « Hier comme aujourd’hui, le fascisme avance quand on le traite comme une opinion parmi d’autres. Mais il recule lorsqu’une société s’organise pour lui refuser l’espace, dans les médias, dans les urnes et dans la rue. »
Ils ont raison. La riposte passe nécessairement par une mobilisation populaire. À l’appel des 130 organisations de la Marche des solidarités, ainsi que de nombreuses associations et syndicats, une première manifestation contre le racisme et contre les idées d’extrême droite est d’ores et déjà prévue le 14 mars partout en France. Ce sera le moment pour tout un chacun de s’impliquer personnellement contre la dérive dangereuse vers l’extrême droite qui se déploie depuis plusieurs mois.
Dans ce vent mauvais qui souffle en rafales confusionnistes, défendre les libertés, tenir la ligne, est plus que jamais le devoir du moment.
Publié le 2 mars 2026.


